vendredi 27 novembre 2015

[Critique] La Mère des ondes et des crues - Thimothée Rey - ♥♥♥♥♥

La Mère des ondes et des crues, Thimothée Rey, aux Moutons électriques (2015)

Résumé : 
Au retour du Jamboree annuel des clans, le chamane N’a-Qu’un-Œil et son apprenti Queue-d’Aurochs ont fait halte au bivouac d’été d’un clan ami. C’est là qu’une nuit d’orage, Queue-d’Aurochs assassine sans motif apparent un de leurs hôtes, sous les yeux de vingt personnes. Pour tous, sa culpabilité ne fait aucun doute. Sauf pour N’a-Qu’un-Œil, qui subodore d’emblée une machination. Mais cela, il va encore falloir le prouver... d’autant que, très vite, d’autres meurtres sont imputés au jeune homme. N’a-Qu’un-Œil n’a que deux jours pour disculper son disciple, tandis que plane l’ombre de la déesse tutélaire du clan, la Mère des ondes et des crues.

 ♥ (5/5 rien de moins !)

Malgré quelques petits défauts, j’ai beaucoup aimé ce deuxième tome des enquêtes du chaman détective, et j’espère qu’un troisième suivra bientôt.
 Ici, Collembole est impliqué personnellement dans l’enquête puisque son disciple est accusé de meurtre – et toutes les preuves sont contre lui. On apprend à mieux connaître Farouch par quelques extraits de son passé, et par là, on découvre d’autres aspects de Collembole. L’écriture est toujours aussi fluide, enlevée, avec ses jeux de mots, ses inventions abracadabrantesques, un soin particulier aux détails de la vie quotidienne, bref tous les ingrédients qui m’ont fait aimer le tome un. Je note deux petits regrets. Le premier sur la forme, où l’on glisse sans arrêt d’une troisième personne (il) à la première. C’est déséquilibré, pas tranché dans la forme, ça sonne parfois maladroit, les premières fois m’ont désorientée, mais bon, j’ai fait avec et l’on s’y habitue. Mais j’en viens à me demander pourquoi ce n’est pas tout simplement écrit à la première personne. Le deuxième m’a tiré une moue sur une bonne partie de la fin du livre, et même si j’en comprends l’intérêt, j’ai trouvé le procédé artificiel : comme avec ce brave Holmes, l’enquêteur cache sciemment des choses non seulement aux gens qui l’entourent, mais aussi au lecteur. Une facilité pour maintenir le suspense et renforcer l’éclat des révélations (en plus, Collembole aime bien ce moment, ça peut se justifier), et ça marche, mais le principe n’est pas dans mes préférés. Reste que malgré ces deux défauts, la lecture a été un grand plaisir et les dernières pages m’ont tenue en haleine (en plus de la moue)(ouais, c’était pas beau à voir). Bref, si vous aimez Sherlock Holmes, si vous voulez un récit qui soit pas-vraiment-de-la-fantasy-mais-presque (l’Aurignacien n’est pas la période la mieux documentée, du coup la reconstitution de l’auteur rend bien, parfois avec des sources, parfois sans), du suspense, des personnages sympathiques et des galettes aux myrtilles, vous avez frappé à la bonne porte.

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